Règles du jeu

Les règles du futsal : ce qui change vraiment du foot à 11

Le futsal n’est pas « du foot en petit » : c’est une discipline à part entière, avec ses Lois du jeu publiées par la FIFA, pensées pour un terrain de handball et un ballon qui rebondit peu. Un joueur de foot qui débarque sans les connaître offre des coups francs toutes les trois minutes. Voici les règles qui changent réellement la façon de jouer — et ce qu’il en reste dans un créneau loisir entre inconnus.

Le cadre : terrain, ballon, effectifs

Le futsal se joue à cinq contre cinq, gardien compris, sur un terrain de handball — 40 mètres sur 20 en compétition — avec des buts de 3 mètres sur 2. Le ballon est spécifique : une taille 4 à rebond amorti, plus lourd au pied qu’un ballon de foot, conçu pour rester au sol. C’est lui qui donne au futsal son jeu de passes courtes et de semelle ; jouer au futsal avec un ballon de foot classique dénature complètement le jeu.

Les remplacements sont illimités et volants : on entre et on sort en cours de jeu, sans arrêt de l’arbitre, par la zone de remplacement devant son banc. C’est ce qui permet l’intensité du jeu — au niveau professionnel, une rotation toutes les trois à quatre minutes est la norme, et un match loisir gagne beaucoup à imiter ce réflexe plutôt qu’à laisser les mêmes dix joueurs s’épuiser.

En compétition, le match dure deux périodes de 20 minutes en temps arrêté — le chrono stoppe à chaque sortie de balle, ce qui donne des matchs réels de 75 à 90 minutes. En complexe loisir, on joue en temps continu sur la durée du créneau loué, tout simplement.

Les remises en jeu : tout se joue au pied et en 4 secondes

Premier choc pour le footballeur : la touche se joue au pied. Ballon arrêté sur la ligne (ou juste derrière), pied d’appui hors du terrain ou sur la ligne, et l’adversaire à 5 mètres. Pas de but direct sur une rentrée de touche : si le ballon entre sans que personne ne le touche, c’est une sortie de but.

Deuxième choc : la règle des 4 secondes. Touches, corners, coups francs et relances du gardien doivent être joués dans les 4 secondes — l’arbitre les décompte visiblement de la main. Au-delà, le ballon passe à l’adversaire. Cette règle donne au futsal son tempo caractéristique : pas de temps mort, pas de gain de temps, le jeu redémarre en permanence.

La sortie de but se fait à la main : le gardien relance depuis sa surface, en 4 secondes là aussi. Et il n’y a pas de hors-jeu — on peut camper devant le but adverse, ce que les équipes organisées exploitent avec un joueur « pivot » dos au but, autour duquel tourne toute l’attaque.

Le gardien : la règle que presque personne ne connaît

Le gardien de futsal obéit à deux contraintes spécifiques qui structurent tout le jeu de possession :

  • Il ne peut garder le ballon que 4 secondes dans sa propre moitié de terrain — au pied comme à la main. Dans la moitié adverse, en revanche, aucune limite : d’où les fins de match où le gardien monte jouer comme cinquième joueur de champ.
  • Après avoir relâché le ballon, il ne peut pas le retoucher dans sa moitié sur une passe volontaire d’un coéquipier, tant qu’un adversaire ne l’a pas touché. Concrètement : pas de jeu en aller-retour permanent avec son gardien pour casser le pressing, contrairement au football.

Ces deux règles expliquent pourquoi une équipe de futsal ne peut pas « geler » le match en fond de terrain, et pourquoi le pressing haut y est si rentable. Dans un match loisir sans arbitre, la seconde règle est celle qu’il faut annoncer avant le coup d’envoi : elle est méconnue et source de contestations.

Fautes cumulées : la règle qui punit les équipes rugueuses

C’est la grande invention du futsal. Chaque faute directe (charge, tacle irrégulier, main…) est comptée au tableau d’affichage. À partir de la sixième faute d’équipe dans la même période, chaque nouvelle faute donne un coup franc direct sans mur, tiré depuis le second point de réparation à 10 mètres — ou depuis l’endroit de la faute si elle est plus proche du but. Face à un tireur correct, c’est un but une fois sur deux.

La conséquence tactique est immédiate : au futsal, on ne « prend » pas une faute tactique comme au foot. Une équipe qui hache le jeu en première période joue toute la fin de mi-temps sous la menace du 10 mètres. Le compteur repart à zéro à la mi-temps.

À noter aussi : le pénalty se tire à 6 mètres, et une exclusion (carton rouge) laisse l’équipe à quatre pendant deux minutes — ou jusqu’à ce qu’elle encaisse un but, après quoi elle se recomplète, comme au hockey sur glace.

Le tacle : ce que disent les règles, et ce que disent les complexes

Idée reçue tenace : « le tacle est interdit au futsal ». Ce n’est pas ce que disent les Lois du jeu — le tacle glissé pour jouer le ballon est autorisé en futsal FIFA, exactement comme au football : il devient faute s’il est imprudent, inconsidéré ou excessif, et le tacle par-derrière ou avec contact reste sanctionné comme partout.

Mais la règle écrite n’est pas la règle pratiquée : la plupart des complexes loisir interdisent purement et simplement le tacle dans leur règlement intérieur, pour limiter les blessures sur des créneaux sans arbitre — et la quasi-totalité des matchs entre inconnus adoptent la même convention. C’est typiquement le point à trancher dans l’annonce ou au coup d’envoi : « tacles interdits » est la convention par défaut la plus saine entre joueurs qui ne se connaissent pas.

Ce qu’il faut annoncer avant un match loisir

Un créneau loisir n’a ni arbitre ni table de marque : les règles officielles s’y appliquent par consentement, et trente secondes de cadrage évitent une heure de débats. Les points à fixer avant le coup d’envoi :

  • Tacles : autorisés ou non (non, en général — et vérifiez le règlement du complexe).
  • Retour au gardien : règle FIFA stricte, ou tolérance loisir — mais dites-le.
  • Hauteur de jeu : certains complexes interdisent les ballons au-dessus de la hauteur des buts ; là encore, règlement intérieur.
  • Remplacements : volants, en annonçant qui sort — la règle officielle, qui est aussi la plus fluide à douze joueurs.
  • Décompte des fautes : rarement tenu en loisir, mais son esprit — pas de faute tactique, on protège les chevilles — se rappelle utilement.

Pour trouver un complexe et les joueurs qui vont avec, la page futsal détaille les formats et les villes couvertes par l’annuaire.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre futsal et foot à 5 indoor ?
Le futsal est la discipline officielle : sol dur, ballon taille 4 à rebond amorti, touches au pied, règles FIFA. Le « foot à 5 » des complexes privés se joue sur gazon synthétique avec rebonds sur les parois latérales et un ballon classique : c’est un format commercial, aux règles fixées par chaque enseigne. Les réflexes d’organisation sont les mêmes ; le jeu, lui, diffère sensiblement.
Peut-on jouer au futsal avec des chaussures de foot ?
Non — les crampons, même moulés, sont interdits sur les sols de futsal et par les complexes indoor. Il faut des chaussures à semelle plate et non marquante (« non-marking ») : chaussures de futsal dédiées ou, à défaut, une paire indoor propre réservée à la salle.
Combien de joueurs faut-il prévoir pour un créneau de futsal ?
Dix pour jouer, douze inscrits pour être tranquille : les rotations absorbent le surplus et les désistements. Sur un créneau d’une heure ou plus, deux remplaçants maintiennent le rythme du match du début à la fin.

À lire ensuite

Passez de la théorie au terrain

Créez une session près de chez vous, ou rejoignez celle d’un autre joueur : c’est gratuit et sans licence.